
Mon dépistage du cancer du col de l’utérus
Pourquoi se faire dépister ?
Le dépistage est essentiel pour détecter des anomalies précocement, avant qu’elles ne deviennent graves. Le cancer du col de l’utérus se développe suite à une infection par des virus de la famille des papillomavirus humains (HPV). Ces virus très fréquents sont transmis principalement lors de rapports sexuels, avec ou sans pénétration. Il s’agit de l’Infection Sexuellement Transmissible (IST) la plus répandue : environ 80 % des femmes et des hommes seront infectés au cours de leur vie.
Dans 90 % des cas, l’organisme élimine spontanément le virus en quelques années. Lorsque l’infection persiste, elle peut provoquer des lésions du col de l’utérus qui, après plusieurs années, peuvent évoluer vers un cancer. L’infection, souvent silencieuse, passe longtemps inaperçue.
La prévention repose sur 2 actions complémentaires : la vaccination contre les HPV, qui réduit fortement le risque d’infection par ces virus, et le dépistage, qui permet de détecter et traiter les lésions avant l’apparition d’un cancer.
Où se faire dépister ?
Vous pouvez vous faire dépister, chez un(e) gynécologue, une sage-femme, votre médecin traitant, un centre d’examen de santé ou un laboratoire.
Étapes par étapes.
Vous avez entre 25 et 65 ans
Selon l’âge au moment du dépistage, le test utilisé et la fréquence du dépistage est différente* :
- De 25 à 29 ans : Vous réalisez 2 examens cytologiques à 1 an d’intervalle, pour rechercher des cellules anormales, puis un nouvel examen 3 ans plus tard, si le résultat des deux premiers est normal.
Si le résultat de ce test est anormal, il faudra, selon le résultat, soit rechercher la présence de virus HPV (sur le même prélèvement), soit effectuer une colposcopie.
- De 30 à 65 ans : Une recherche de papillomavirus tous les 5 ans. Le mode de prélèvement est le même que précédemment.
Si ce test de dépistage HPV est positif, des examens complémentaires seront réalisés. - Après 65 ans : En fonction de vos antécédents, votre professionnel de santé vous recommandera un suivi personnalisé si nécessaire.
*Avant 30 ans, les infections à HPV sont fréquentes et disparaissent souvent spontanément, d’où la recherche de cellules anormales plutôt que du virus. Après 30 ans, la détection du virus permet d’identifier les infections persistantes susceptibles d’évoluer vers des lésions cancéreuses.
- De 25 à 29 ans : Vous réalisez 2 examens cytologiques à 1 an d’intervalle, pour rechercher des cellules anormales, puis un nouvel examen 3 ans plus tard, si le résultat des deux premiers est normal.
Prendre rendez-vous
Si vous avez 25 ans ou plus, vous n’avez pas besoin d’attendre une invitation pour réaliser le test de dépistage. Il faut simplement respecter la fréquence des invitations (voir étape 1).
Si vous avez reçu une invitation de votre caisse d’Assurance Maladie, c’est que vous n’avez pas fait le test dans les délais recommandés. N’attendez plus, prenez rendez-vous auprès d’un professionnel de santé !
Avec cette invitation, l’analyse du test de dépistage est prise en charge à 100% par votre régime d’assurance maladie, sans avance de frais.
Ce dépistage s’adresse à toutes les femmes de 25 à 65 ans, y compris les femmes enceintes, ménopausées ou vaccinées contre les infections à HPV.
Déroulement de l’examen
L’examen est rapide, non douloureux et sans risque, même pour une femme enceinte.
Il se fait en position gynécologique. Le professionnel de santé prélève délicatement des cellules au niveau du col de l’utérus à l’aide d’une petite brosse. Cela prend moins de quelques minutes et n’est pas douloureux, même si une gêne peut être ressentie.
Le prélèvement de cellules est envoyé dans un laboratoire d’analyses médicales qui, après examen, enverra le résultat au(x) professionnel(s) de santé qui aura réalisé l’examen ou vous l’aura prescrit.
Vos résultats
Les résultats vous sont transmis, ainsi qu’au professionnel de santé qui assure le suivi. Il peut s’agir d’un courrier ou d’un courriel avec un lien de connexion à la plateforme de résultats du laboratoire.
- Si aucune anomalie n’est détectée, vous referez un dépistage selon les délais recommandés en fonction de votre âge.
- Si des cellules anormales et/ou la présence de virus sont détectés, votre professionnel de santé vous indiquera les examens complémentaires à réaliser.
Le CRCDC IDF reçoit également les résultats des dépistages du cancer du col. Il est chargé de vérifier le parcours des femmes et d’émettre les rappels en cas de suivi nécessaire. Il est aussi en charge de l’évaluation de ce programme de santé publique. Plus d’infos sur notre rapport d’activité et sur le site de Santé Publique France.
Cas particuliers
- Les femmes qui présentent des symptômes gynécologiques (douleurs, saignements après les rapports sexuels ou entre les règles…) doivent consulter un médecin et bénéficier d’un examen médical immédiat sans attendre un test de dépistage, pour rechercher la cause de ces symptômes.
- Les femmes qui ont été traitées pour une lésion précancéreuse ou cancéreuse du col de l’utérus bénéficient d’un suivi particulier.
- Les femmes immunodéprimées bénéficient d’un suivi particulier.
La vaccination contre les HPV ?
Très fréquents, les papillomavirus humains (HPV) se transmettent lors de rapports sexuels. 80 % des femmes et des hommes y seront exposés au cours de leur vie. La plupart du temps, le corps élimine de lui-même ces virus. Mais lorsqu’une infection par les HPV persiste, elle peut être à l’origine de cancers.
Chaque année en France, 6 400 nouveaux cas de cancers sont liés aux HPV, dont la moitié sont des cancers du col de l’utérus.
Recommandée dès l’âge de 11 ans, la vaccination contre les HPV protège d’autant mieux qu’elle est réalisée tôt. Elle est également plus efficace quand elle est réalisée avant d’avoir été exposé au virus HPV, soit avant les premiers rapports sexuels.
La vaccination prévient jusqu’à 90 % des infections à HPV à l’origine des cancers : c’est pourquoi, elle est essentielle pour s’en protéger !
La vaccination est recommandée entre 11 et 14 ans chez les filles et les garçons. Un rattrapage peut être fait jusqu’à 26 ans révolu.
FAQ
Si vous avez réalisé un test de dépistage selon les intervalles recommandés (3 à 5 ans selon votre âge), vous ne recevrez pas de courrier vous invitant à réaliser le dépistage.
Seules les femmes non dépistées selon le rythme recommandé reçoivent un courrier électronique de leur organisme d’Assurance Maladie les invitant à réaliser un test de dépistage.
Si vous n’avez pas fait de dépistage dans les délais recommandé et que vous n’avez pas reçu d’invitation, vous pouvez contacter votre organisme d’assurance maladie, en charge de l’envoi de ces invitations depuis le 1er janvier 2024.
Si vous réalisez votre test de dépistage sur prescription de votre médecin, vous serez remboursé à 70% par votre Caisse d’Assurance Maladie et le reste par votre mutuelle.
Votre régime d’assurance maladie rembourse à 100 % et sans avance de frais la lecture du test de dépistage, sur présentation du courrier d’invitation adressé par votre caisse d’assurance maladie (sous forme papier ou sous forme dématérialisée sur votre compte AMELI).
La consultation avec votre professionnel de santé (médecin, gynécologue ou sage-femme) au cours de laquelle est effectuée le prélèvement est prise en charge par votre régime d’assurance maladie à 70 %, sur la base du tarif conventionnel. Si vous avez une mutuelle, elle peut rembourser tout ou partie du reste à votre charge.
Le prélèvement peut aussi être réalisé sur présentation de la lettre d’invitation directement auprès de certain laboratoire d’analyses médicales).
Si vous bénéficiez de la Complémentaire santé solidaire (CSS) ou de l’Aide médicale d’État (AME), la prise en charge de la consultation et du test est à 100 %, sans avance de frais ni dépassement d’honoraires.
Voici quelques conseils pour bien préparer votre test de dépistage du cancer du col de l’utérus :
- Prévoyez un rendez-vous en milieu de cycle menstruel (évitez la période des règles) ;
- Pensez à emporter votre courrier d’invitation (si vous en avez un et souhaitez bénéficier du tiers payant) ;
- Evitez de prendre rdv en cas d’infection ou si vous avez eu dans les jours précédents, la pose d’un ovule thérapeutique ou d’un spermicide ;
- Evitez une toilette intime trop poussée ;
- Evitez les rapports sexuels 48 heures avant le test de dépistage.
- Prévoyez une tenue avec un haut et un bas séparé et facile à enlever.
Un test positif signifie que des tests complémentaires doivent être faits.
Il s’agit dans la grande majorité des cas d’une colposcopie, c’est à dire d’un examen du col de l’utérus à l’aide d’un spéculum et d’une loupe. S’il l’estime nécessaire le gynécologue qui réalise cet examen effectuera une ou plusieurs biopsies pour analyser plus en détail les cellules. Ce geste est quasiment indolore, on ressent l’équivalent d’un léger pincement.
Il peut parfois s’agir d’une surveillance plus rapprochée par un nouveau prélèvement à 12 mois.
Si besoin, vous pouvez contacter l’équipe de suivi du Dépistage Organisé du Col de l’Utérus du CRCDC Ile-de-France au 01 85 73 72 59 ou par mail à cellule-doccu@depistage-cancers-idf.fr
Les virus HPV (Papillomavirus) entrainent des désordres cellulaires pouvant rendre certaines cellules cancéreuses. La majorité de ces désordres sont naturellement éliminés par notre système immunitaire. Mais lorsqu’on est fragilisé(e) par une carence immunitaire (ex : acquise après une greffe ou une pathologie telle que le sida), mais aussi par une consommation de tabac, par des états prolongés de stress ou de surmenage, l’organisme a moins la possibilité d’éliminer les cellules modifiées et le virus a plus l’occasion de s’installer.
Les HPV se transmettent par simple contact au niveau des parties génitales et anales. Si vous n’avez jamais eu de contact sexuel, le test de dépistage n’est pas nécessaire. Si vous avez eu des contacts sexuels sans pénétration, le risque existe et le dépistage est indiqué.
Même en cas de longues périodes sans rapport sexuel, il faut poursuivre le dépistage du cancer du col de l’utérus aux intervalles recommandés par votre professionnel de santé jusqu’à 65 ans. En effet le cancer se développe 5 à 20 ans après l’infection par le HPV.
Même après la ménopause, et que vous preniez ou non un traitement hormonal de substitution, il faut poursuivre le dépistage aux intervalles recommandés par votre professionnel de santé.
Il existe différents types d’hystérectomie, et donc différents suivis :
- Si vous avez subi une hystérectomie totale (utérus et col de l’utérus retirés) sans lien avec une pathologie du col de l’utérus, vous n’êtes plus concernée par le dépistage du cancer du col de l’utérus ;
- Si vous avez subi une hystérectomie totale en raison d’une pathologie du col de l’utérus, vous bénéficiez d’un suivi spécialisé, à une fréquence et pour une durée définie par votre gynécologue ;
- Si vous avez subi une hystérectomie dite partielle (col de l’utérus toujours en place), vous êtes toujours concernée par le dépistage du cancer du col de l’utérus.
En cas de doute, n’hésitez pas à en parler avec un médecin ou avec une sage-femme
Le cancer du col de l’utérus est dû à des HPV qui se transmettent lors des rapports sexuels. Si vous avez ou avez eu des relations sexuelles avec un homme et/ou avec une femme, avec ou sans pénétration (digitale y compris), vous êtes à risque de porter des HPV et donc de développer des lésions précancéreuses ou un cancer du col de l’utérus.
Même si vous n’avez eu qu’une seule partenaire, vous pouvez avoir été infectée par le virus HPV. Il est donc important de quand même vous faire suivre et de faire des tests de dépistage de cancer du col de l’utérus de façon régulière.
Dans la majorité des cas, le système immunitaire élimine les HPV. Mais il est possible que les HPV entraînent le développement de lésions pré-cancéreuses ou de cancers.
Si vous avez des HPV, cela ne veut donc pas dire que vous aurez forcément un cancer du col de l’utérus mais que le risque existe.
Il est donc important de vous faire suivre de façon régulière par un gynécologue ou une sage-femme pour réaliser des tests de dépistage.
Si on vous détecte des lésions précancéreuses, un dépistage régulier permettra de les détecter tôt et de les retirer avant qu’elles ne se développent en cancer.
Les HPV se transmettent lors des rapports sexuels. Vu leur fréquence et leur contagiosité, il y a de grandes chances que votre partenaire soit également porteur de ces mêmes HPV.
- Si votre partenaire est un homme, il n’a rien de particulier à faire.
- Si votre partenaire est une femme, elle doit, comme toutes les femmes, bénéficier de tests de dépistage de cancer du col de l’utérus de façon régulière.
Dans tous les cas, soyez attentifs à tout changement de votre corps et n’hésitez pas à en parler à un professionnel de santé.
Vous ne trouvez pas de réponse à votre question ?
Contactez-nous au 01 85 73 72 59 ou par mail à cellule-doccu@depistage-cancers-idf.fr